Bonne Année 2020 !

L’Association 

Mémoire Patrimoine de Clohars-Carnoët

vous souhaite 

 une BONNE ANNEE 2020.

Santé, prospérité et réussite dans vos projets.

Ouest France : Pays de Quimperlé. Clohars-Carnoët : la casemate du Pouldu s’ouvre au public

Un héritage du patrimoine historique de Clohars-Carnoët s’ouvre au public pour les Journées du patrimoine. Il s’agit de la casemate du Pouldu, vestige de la Seconde Guerre mondiale.

Stigmate indestructible de la Seconde Guerre mondiale, vestige du Mur de l’Atlantique, sur la côte cloharsienne, la casemate des Grands Sables fait partie des constructions militaires allemandes édifiées de Kerfany au Bas-Pouldu.

Dès 1942, dans la crainte d’un débarquement allié sur les côtes d’Europe, la zone de Clohars a été dédiée à la défense de la partie ouest de la forteresse allemande de Lorient, la base de sous-marins et la base aéronavale.

Gil Van Meeuwen, titulaire d’une maîtrise d’Histoire et Patrimoine, président de la récente association Mémoire Patrimoine, s’est investi dans les recherches sur l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et ses fortifications.

Une association le remet en état

Enterré depuis 1963 par mesure de sécurité et pour dissimuler ce témoin de l’humiliation de l’Allemagne nazie, le blockhaus était enfoui jusqu’au toit et la végétation recouvrait la mémoire blessée des familles et des anciens combattants.

En 2018, l’association Mémoire Patrimoine a décidé en lien avec la commune de remettre au jour l’édifice.

Après décaissement est réapparue la casemate d’artillerie destinée à couvrir la Plage des Grands Sables et la route des Grands Sables qui remontait vers Quimperlé.

La chambre de tir du canon antichar à tir droit, était orientée uniquement dans cet axe. À l’époque, le pont de Saint-Maurice actuel n’existait pas. Les Allemands y avaient construit un pont en bois.

Les hommes postés dans le bâtiment avaient aussi pour mission de renseigner par radio et réseau téléphonique enterré l’ensemble des autres positions militaires de Clohars-Carnoët.

Ce modèle possède une fosse à douilles pour éjecter les douilles, afin d’éviter l’encombrement et les gaz toxiques résiduels. Il comprend une chambre de tir, une soute à munitions, une chambre de troupe pour six hommes et une caponnière.

Blockhaus de classe B, ses murs de deux mètres de béton armé d’épaisseur résistent aux pièces de marine de 240 mm.

Samedi 21, ce sera la première ouverture au public après la première phase de décaissement, de mise en sécurité et d’éclairage et d’illustration par des panneaux et des photographies.

L’objectif de l’association est de faire une remise en état la plus sobre possible, pour que l’histoire de ce bunker fasse le lien avec les générations futures.

Samedi 21 septembre, de 14 h à 17 h. Dimanche 22, de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h, Chemin de la Grenouille, Le Pouldu, Clohars-Carnoët

https://www.ouest-france.fr/bretagne/quimperle-29300/pays-de-quimperle-clohars-carnoet-la-casemate-du-pouldu-s-ouvre-au-public-6527656

Membres de l’association soyez avec nous ce weekend. Merci !

Membres de l’association soyez avec nous ce weekend. Merci !

Clohars-Carnoët: le programme des Journées du patrimoine

Tout le monde trouvera son bonheur aux Journées européennes du patrimoine, du 21 au 22 septembre à Clohars-Carnoët.

Le programme des animations a été finalisé par le service culturel de la mairie en collaboration avec les associations partenaires. Un dépliant disponible en mairie, à la médiathèque, la ludothèque ou auprès des commerçants et des associations, récapitule les rendez-vous proposés, de Doëlan au Pouldu, en passant par le bourg.

Les portes s’ouvriront gratuitement sur les lieux culturels, les sites historiques ou des activités anciennes. Sept étapes jalonneront ce parcours de découverte des richesses artistiques, artisanales et patrimoniales de la commune.

Saint-Maurice

Le site abbatial de Saint-Maurice sera ouvert en continu samedi 21 et dimanche 22 septembre, de 11 h à 19 h. Monument historique, l’ancienne abbaye cistercienne fondée au XIIe siècle est un des lieux les plus fréquentés de ces journées.

En 2018, il a accueilli 1 338 visiteurs, soit 10 % des visiteurs de l’année. Toute l’équipe sera là pour faire découvrir la beauté naturelle du site de 4 ha, le parcours permanent retraçant la conquête des moines et l’exposition sur les milieux littoraux.

Joséphine Rouillard, responsable de l’abbaye, docteur en histoire médiévale, répondra aux questions.

La visite de la casemate du Pouldu

La récente association Mémoire Patrimoine Clohars-Carnoët propose une nouveauté attendue : la visite de la casemate du Pouldu. Tout a été fait pour permettre l’ouverture au public du blockhaus des Grands Sables, vestiges du Mur de l’Atlantique.

L’intérêt historique et toutes les explications sur cette fortification de la Seconde Guerre mondiale seront développés par Gil Van Meeuwen, le dimanche 22 septembre. Visites le samedi 21, de 14 h à 17 h. Dimanche 22 de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h. Chemin de la Grenouille, Le Pouldu.

Maison-Musée, moulin


La Maison-Musée du Pouldu ouvrira ses portes en continu, samedi 21 et dimanche 22, pour des visites libres 11 h à 19 h. Des visites ponctueront la journée, d’une durée de 15 à 20 minutes, toutes les demi-heures, sur des thèmes changeants.

Exceptionnellement, il n’y aura pas de prêts de tablettes numériques. Ces visites, particulièrement appréciées des Cloharsiens, ont attiré 400 personnes dans l’auberge l’an dernier.

Le Moulin à vent de Kercousquet sera ouvert le dimanche 22 septembre de 14 h à 18 h. Les visites guidées de trois quarts d’heure permettront d’explorer le moulin de l’extérieur jusqu’à son sommet et d’admirer ses ailes et son toit qui tournent selon le vent. Buvette et crêpes sont prévues.

La remontée du goémon à l’ancienne. Samedi 21 septembre, de 14 h 30 à 16 h 30, les villageois des quartiers de Kerguivarec, Porscleid et Kerchiniou feront une démonstration de remontée du goémon à l’ancienne au Kroug (avec un cheval) au lieu-dit Toul-Donn en haut des falaises de Kernabec, point 12 du Parcours du Patrimoine.

La récolte, qui doit se faire au pied des falaises, dépendra de la météo marine. Le kroug de Kernabec est le dernier davier à goémon visible sur le littoral de Clohars-Carnoët. Dégustation du cidre de Poscleid sur place.

Chapelle Sainte-Anne
La chapelle Sainte-Anne sera ouverte samedi 21 et dimanche 22 septembre, de 14 h à 18 h, à Doëlan rive droite, pour l’exposition de peintures acryliques abstraites et des créations en cuivre de Véronique et Thierry Huchet.

Les visiteurs assisteront à une démonstration de broderie et de dentelle au fuseau par Ar Broderezh Kloar et au travail de Lucile Drouet sur son métier à tisser.

La Longère – Galerie municipale, au bourg, sera ouverte le samedi 21 et le dimanche 22 septembre, de 10 h 30 à 12 h 30 et de 15 h à 18 h 30, pour l’exposition de photographies proposée par l’association Vent d’images.

La promenade des attelages de la Laïta, prévue le 22 septembre à Saint-Maurice a été annulée.

Lundi 2 septembre journée de nettoyage avant une première ouverture au public.

Bonjour,

L’éclairage électrique fonctionne à l’intérieur de la casemate des Grands sables.


Ainsi, nous pourrons recevoir du public lors des journées du patrimoine les 21 et 22 septembre.

Nous allons donc faire un dernier nettoyage du sol.

Le lundi 2 septembre à partir de 10 H.

Journée continue.
Les volontaires pour nous assister sont les bienvenus.

Avec seau ou bassine, balais et pelle.

Vous êtes volontaires pour nous aider, indiquez le nous via le module contact.

La construction d’un blockhaus du Mur de l’Atlantique

Le mur de l’Atlantique (Atlantikwall en allemand) est le le système de fortifications côtières, construit par le Troisième Reich pendant la Seconde Guerre mondiale le long de la côte occidentale de l’Europe et destiné à empêcher une invasion du continent par les Alliés depuis la Grande-Bretagne.
• On peut en fait distinguer trois phases dans l’élaboration de la fortification allemande à l’ouest :
Ces trois phases s’articulent autour de deux temps forts ; une période offensive suivi d’une période défensive.
• De juin 1940 à décembre 1941 :
C’est l’époque de la construction de batteries lourdes dans le Pas de Calais pour appuyer un débarquement en Angleterre. C’est aussi le début de l’élaboration des bases sous-marines notamment celle de Lorient.


• De décembre 1941 à novembre 1943 :
La guerre en Russie devient plus longue que prévue.
Le 14 décembre 1941, après l’entrée en guerre des Etats-Unis, Hitler décide de créer une ligne de défense devant s’étendre de la Norvège à l’Espagne.

Le HMS Campbeltown après l’attaque, le 28 mars 1942, Saint Nazaire

Fin mars 1942 un les Anglais attaquent la base de Saint Nazaire, en août les alliés débarquent à Dieppe pour opérer un raid tactique.

†

La plage de galets et les falaises de Dieppe juste après la tentative de débarquement du 19 août 1942. Au premier plan, un véhicule de reconnaissance Daimler Dingo Hunter abandonné par le Corps royal canadien des transmissions (« Royal Canadian Corps of Signals »).

La bataille de l’Atlantique fait rage via les meutes de sous-marins de la Kriegsmarine.


Hitler rédige la circulaire n°40 qui définit les grandes lignes de l’organisation défensive des rivages occidentaux de l’Europe, organisation qui sera précisée en mars 1942. Il s’agit pour lui d’avoir les mains libres à l’ouest pour mieux reporter ses efforts à l’Est.
Ce plan prévoit l’achèvement des bases sous-marines, la défense des ports principaux, celles des îles d’importance stratégique et celle des grandes plages propices à d’éventuels débarquements.

• De novembre 1943 à juin 1944 :


Le débarquement allié devient une certitude. Dès lors s’engage une course contre la montre afin d’assurer au mieux la défense du littoral.
Tout cela est dirigé par Rommel. Les ports sont érigés au rang de « forteresses » (festungs) et doivent pouvoir se défendre de manière autonome jusqu’à l’épuisement de leurs moyens.

Rommel en inspection à Lorient.
Festungs allemandes en Bretagne – 08/1944


Ce sera le cas de Lorient qui ne se rendra que le 10 mai 1945.
Le mur de l’Atlantique en juin 1944 mesure environ 4000 km de long, et compte près de 15000 ouvrages bétonnés.

La construction.

Une telle réalisation en si peu de temps n’est rendue possible que par une organisation méthodique et une standardisation rigoureuse des constructions. Les plans de chaque type de blockhaus, correspondant à une utilisation spécifique, sont compilés dans un registre des ouvrages défensifs.


A chaque type de blockhaus sont associés différents jeux de plans : plans de coffrages, de ferraillage, de réseau de ventilation, d’électricité, etc. Mais aussi les quantités nécessaires de sable, ciment, gravier, acier, temps de main-d’œuvre pour chaque opération…. De même, chaque équipement ou accessoire pouvant être installé à l’intérieur est codifié et standardisé : de la porte blindée à la bouche de ventilation.


En Bretagne où trois importantes bases de sous-marins sont implantées, l’organisation Todt va construire près de 2 800 ouvrages (blockhaus et abris divers). Les ports les plus importants, Brest, Saint-Nazaire et Lorient, sont transformés en forteresses.

L’Organisation Todt

Dans le courant des années trente, pour contrôler et exécuter les directives du gouvernement, deux organismes majeurs voient le jour, dont l’un va devenir une structure si imposante que son nom sera à jamais rattaché aux fortifications du Mur de l’Atlantique.

Le premier de ces organismes est créé en 1933 sous le nom d’Organisation des Autostrades, le second en 1938 sous la dénomination d’Organisation Todt (O.T.).

A la tête de ces deux organismes, le Docteur Fritz TODT, né à Pforzheim en 1891, général et technicien de son état. Il est chargé de la construction des autoroutes de 1933 à 1938, puis de la ligne Siegfried (Westwall, Mur de l’Ouest) le long de la frontière allemande de 1937 à 1940.

Fritz Todt

L’O.T. est une formation paramilitaire chargée de l’exécution en Allemagne et dans les territoires occupés, des travaux d’équipement et de fortification. Todt cumule trois fonctions, il est Ministre des Ponts-et-Chaussées, de l’approvisionnement de l’armée de terre en armements et en munitions, et commissaire général de la construction.

En visite d’inspection des travaux de la base de sous-marins de Keroman à Lorient, l’ingénieur général Todt loge au Bas-Pouldu, dans la grande maison qui est derrière l’hôtel Portier.

En février 1942, alors qu’il vient de rencontrer Hitler, l’appareil qui le ramène à Munich via Berlin s’écrase au sol. Todt décède dans l’accident et est aussitôt remplacé dans ses fonctions par Albert Speer.Speer, dès sa prise de fonctions, apporte quelques modifications sensibles au sein de l’Organisation, comme la création de l’O.T. Zentrale de Berlin, qui dépend directement du ministère de l’armement et des munitions.

Albert Speer

Avec l’ouverture du front de l’Ouest, l’O.T. Devient partie intégrante du personnel de l’Armée de Terre, et doit subir certaines contraintes liées à la vie militaire. Le port de l’uniforme et celui des armes sont parmi les nouvelles obligations de la Todt. Malgré ces exigences elle conserve sa liberté d’action et se lançe dans la réalisation de grandes entreprises, notamment en Norvège, Finlande, Allemagne et sur la côte méditerranéenne (Südwall).

Albert Speer

L’entreprise la plus importante à l’actif d l’OT est la construction des bases sous-marines de l’Atlantique, et sa participation active à la fortification du littoral (Atlantikwall).

Cette énorme entreprise de génie-civil emploiera jusqu’à 1 400 000 personnes, principalement des assujettis au Service du Travail Obligatoire (STO).

  • Le nombre d’entreprises françaises de travaux publics au service de l’Allemagne fut de 1 500.

Les grands chantiers militaires (terrains d’aviation, bases sous-marines puis Mur de l’Atlantique à partir de 1942) voient l’essor fulgurant de PME bretonnes du bâtiment et des travaux publics qui travaillent pour l’Organisation Todt.

Mais les chantiers importants dans la région sont effectués par des entreprises extérieures, en association avec des entreprises allemandes.

Si des travailleurs locaux, au chômage ou attirés par de hauts salaires, vont s’embaucher sur ces chantiers en 1940-1941, ils sont de plus en plus remplacés par une main-d’œuvre venue d’autres régions ou d’autres pays européens.[1]

Tous ces secteurs seront sanctionnés lors de l’épuration économique à la Libération.

La construction des blockhaus de la région cloharsienne relève de l’OBL Mitte – Lorient

A Quimperlé se tient un de centre de l’OT, l’OBL Condor en 1941, puis placé sous le commandement de l’OBL Mitte de Lorient.


Gâvres.

Liste des entreprises connues travaillant dans le secteur de Lorient :


O.T. Einheit Baum und Beutgen
.
La firme a travaillé à Pont-l ‘Abbé en 1942. L’Obertruppführer de la firme dirigeait la Kommandantur de Lochrist en 1943. Bureaux à Vannes, chantiers à Sarzeau et Lorient.


Entreprise Friedrich, à Ste Anne d’Auray.
Société Heirich Stöcker A.G., à Larmor-Plage en 1941.


Société F. Egenter, à Etel en 1943.


OT-Quartieramt, service des cantonnements à Lomener.


Société Philipp Holzmann-Siemens-Bauunion (Aktiengesellschaft)
Firme Gebrüder Niemax
(béton armé, terrassements et constructions), à Larmor-Plage en 1941, à Lomener en 1943, logée à l’Hôtel Pessel. C’est une entreprise de construction de Neumünster (Schlesvig-Holstein), spécialisée dans le béton armé.


Firma Jordan, à Rédéné de février à mars 1943. Elle occupait 10 pièces pour 18 personnes au Château de Berluhec en Rédéné de février à juin 1943.
A partir du 22 avril 1941, 35 hommes de l’entreprise ont réquisitionné 14 chambres de l’Hôtel des Bruyères à Kergroès, plus la cuisine, la salle de restaurant et de réception et un garage.
La firme a d’abord travaillé pour l’Oberbauleitung Condor (unité 09 143R), et au départ de celle-ci, pour l’Oberbauleitung Mitte avec un nouveau numéro.

Camp d’intendance de la Todt (Zentral-Verpflegungs-Lager, en abrégé Z.V.L.).
L’OBL Mitte de Lorient a réquisitionné le Château Kérisol à Pont-Aven, 4 pièces, une cuisine, 2 remises et un garage. L’unité a également réquisitionné 2 chambres froides aux glacières de Beuzec-Conq


Omnibus Frontstaffel Mitte Stützpunkt IV
.
C’est le service de transport du point d’appui IV à Larmor-Plage en de mai à octobre 1942, à Quimperlé en octobre 1942. (Sp / Lu signifie Stützpunkt Luft II, c’est à dire point d’appui secteur aérien II). Deux chauffeurs de l’unité, Hermann Weise et Anton Nadig logent dans la villa Bel Air.

L’unité vient de la direction de la Todt de Beauvais où elle avait le numéro de Feldpost 40 080.


Werkstattzug 10 (NSKK)
: Atelier de maintenance 10 de la Todt. Le personnel était logé à l’Hôtel-Restaurant Ty Ru de Riec en 1943, et les cadres dans 4 chambres de l’Hôtel Ostréa en 1944.
En juin 1944, on note la présence de l’Oberstfeldmeister Schmaus à l’Hôtel Ostréa et des Oberarbeitsärzte Gröger et Schröder (médecins du travail).

Firma Brüggemann. Elle occupe le Château de Kersimon, à Doëlan en mars 1943.


Firma Dübener à Quimperlé et Lorient

Firma Wadle & Lakuste

Arbeitsgemeinschaft Westdeutsche Steinindustrie, vu aussi à Plabennec


Firma Philipp Holzmann


O.T. Firma Ostbau (entreprise de béton armé), basée à Hennebont

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( http://bretagne-39-45.forums-actifs.com/t2006-firmes-travaillant-pour-la-todt )

[1] La collaboration en Bretagne – Auteur : Christian Bougeard / juin 2017 – http://bcd.bzh

Abri allemand à Lorient ( déconstruit )

L’Organisation Todt en France (1940-1944) [article] – Rémy Desquesnes – Histoire, économie & société – Année 1992 11-3 pp. 535-550


 

Déclaration d’accident du travail sur le chantier du point fortifié du Pouldu le 15 mai 1944.

«L’Organisation Todt était une organisation civile travaillant selon les principes de l’économie privée c’est-à-dire qu’elle faisait exécuter les travaux projetés par des entreprises privées, y compris les firmes étrangères installées dans les pays intéressés et ne faisant que surveiller l’exécution des travaux»

La protection sociale allemande est étendue à partir de février 1943, pour toutes les entreprises travaillant pour l’OT, à l’exclusion de laWehrmacht.

Par contre la durée du travail peut aller jusqu’à 72 heures par semaine.

La normalisation des constructions

L’organisation Todt a normalisé la construction des bunkers suivant leur usage et les contraintes locales : le Regelbau.


Le regelbau était le catalogue de plans utilisés pour chacun des 600 types de casemate et de bunker chacun ayant un but spécifique.


On distingue abris passifs, soutes à munitions, abris pour le logement, l’infirmerie, les projecteurs, les sanitaires, les transmissions, la citerne, le groupe électrogène… et les abris actifs qui protègent les mortiers, mitrailleuses, canons ou chars, de l’imposante batterie côtière au Ringstand, un petit ouvrage constitué d’une entrée et d’un trou permettant l’observation, le tir à la mitrailleuse ou au mortier.

Ces ouvrages sont regroupés pour former des ensembles plus ou moins vastes selon l’importance du secteur à contrôler : ce peut-être des
• points d’appui, modestes mais parfois importants, installés près du rivage pour combattre l’ennemi directement sur la plage qui comprennent des casemates pour des pièces anti-char, des mitrailleuses ou mortiers, des abris pour le personnel et les munitions ;
• batteries d’artillerie destinées à former une ligne de feu continue pour combattre la flotte ennemie avec des canons de tous diamètres qui peuvent avoir plusieurs dizaines de km de portée, montés sur un pivot central permettant leur rotation ;
• forteresses qui désignent l’ensemble du système défensif, y compris des bases sous-marines qui protègent un port important.
• Stations radars, postes de commandement…
La plupart de ces positions sont protégées par des batteries antiaériennes (Flak). Il faut ajouter que ces ensembles étaient également protégés par des champs de mines, en mer et sur la plage et que le rivage étaient hérissés d’obstacles anti-char, barbelés, asperges de Rommel (pieux en bois), tétraèdres en béton, hérissons tchèques (croix en acier), plots béton…

Ces constructions sont édifiées en fonction de très nombreux plans standards. Cependant, lors de leur élaboration, des retouches peuvent être apportées à ces plans en fonction de l’environnement géographique. Certaines constructions ne correspondent à aucun plan standard. Construites par de la main d’œuvre locale, elles sont classées « Sonderkonstruction » (construction spéciale)

Caractéristiques des bunkers du mur de l’Atlantique :


Les points fortifiés sont constitués d’abris et de postes de tir en béton reliés entre eux par des tranchées.
Les casemates sont généralement conçues pour abriter une seule arme.
Les abris annexes comprennent une chambre de troupe et un local pour les munitions.
Les postes de commandement et les organisations diverses nécessaires à la vie de la troupe disposent d’abris spécifiques.
Sur la ligne de défense côtière en Bretagne, on distingue trois catégories de casemates :

  • Catégorie A : Murs extérieurs et plafond en béton armé de 3,5 m d’épaisseur. Murs intérieurs de 1 m à 0,80 m. (Batteries lourdes) ;
  • Catégorie B : Murs extérieurs et plafond en béton armé de 2 m d’épaisseur. Murs intérieurs de 1m à 0,80 m ;
  • Catégorie B1 : Murs extérieurs et plafond de 1, 2 m d’épaisseur.
Artillerie lourde – bunker type A
Bunker type B

Chaque ouvrage est protégé sur son pourtour extérieur par une couche de pierres et de terre de 2 à 3 m d’épaisseur, cela permet d’amortir l’effet d’un coup direct.

Atlantikwall : Mythe ou réalité – 2008 de Alain CHAZETTE – p 7.

Principe de construction d’un bunker enterré 

Le Mur de l’Atlantique est pensé et aménagé comme un système défensif.
Les géographes militaires allemands ont produit des descriptions géographiques des littoraux (pour enseigner aux décideurs le vocabulaire nécessaire à l’analyse des côtes, la géomorphologie des systèmes dunaires.)
Les Allemands ayant défini le haut de plage comme ligne principale de résistance, l’essentiel des embrasures des ouvrages de flanquement marquent l’emplacement du pied de la dune et couvrent de leurs feux la plage.
Après la décision de l’implantation ‘un bunker les géologues de la Wehrmacht contrôlaient la stabilité du terrain puis balisaient le chantier.
Le terrassement pouvait commencer manuellement pour les petits ouvrages, mécaniquement pour les plus importants.
Les pans verticaux sont creusés en oblique afin d’éviter les éboulements de terre. Des perforatrices sont également utilisées sur les sols durs des régions côtières. Les déblais, mis de côté, seront utilisés pour recouvrir éventuellement la construction et permettre ainsi son intégration dans l’environnement.

Arbeitseinsatz, circa 1941/42

Le sol est mis à niveau par l’épandage d’une couche de gros graviers.
Mise en place du coffrage et du treillage de la future dalle de fondation. Les passages et arrivées de câbles (téléphone, radio, électricité) sont installés. Le treillage est constitué de fers à béton d’un diamètre de 12 mm
L’assemblage est en rectangles de 25 cm sur 35 cm.

On peut couler maintenant la dalle en béton (radier). Seuls dépassent les fers à béton qui serviront à accrocher le treillage des murs.

Plan des installations techniques du blockhaus du Pouldu.

Dès la prise du béton de la dalle de fondation, l’élévation des cloisons débute : treillage vertical, coffrage intérieur, encadrements de portes, tuyaux du système de ventilation, du poêle, passage de la sortie de secours, etc.…Pour le plafond on utilise des poutres métalliques en forme de I. Celles-ci sont espacées de +/- 50 cm. Entre chaque poutre est installée une tôle de 3 mm, plate ou ondulée mais aussi de simples planches en bois. Parfois c’est l’absence totale d’interstices et le béton affleure alors la base des poutrelles. L’ensemble peut être remplacé par des poutres préfabriquées misent côte à côte et servant alors aussi de coffrage. Des lattes en bois sont insérées dans les murs, elles serviront à fixer le lambris qui recouvrira les parois. Enfin on installe le coffrage extérieur, fortement étayé afin de résister au poids du béton.

Le moment le plus important de toute la construction est le coulage du béton. Une batterie de bétonneuses est mise en place. Il est très important que la masse de béton soit homogène, donc coulée en une fois. Des échantillons sont pris à plusieurs reprises pour vérifier la qualité du béton. Sur certains chantiers la coulée de béton peut se faire jour et nuit (base sous-marine)

Après séchage, les coffrages sont démontés proprement car ils seront réutilisés, puis commence l’aménagement intérieur du bunker, l’isolation par enduit goudronneux des parois extérieures et de la dalle de toit.

Le camouflage sera la dernière opération du chantier. 

Aménagements intérieurs normalisés.

  • Mise en place des lits, des armoires, des tables, tabourets et des râteliers d’armes.

• Mise en place du chauffage et connexion de l’électricité Installation des systèmes d’aération : ventilateurs, filtres, clapets…
• Mise en place de l’armement
• Mise en place des portes blindées
• Connexion des lignes téléphoniques

Ventilation anti-gaz
Poêle de forteresse
Porte blindée.

Le « Mur De L’atlantique » à Clohars Carnoët

Les falaises du Pouldu constituent un observatoire privilégié sur la partie ouest de la rade de Lorient. Le Pouldu et les éperons rocheux de la côte cloharsienne doivent devenir le bastion avancé de la défense de la forteresse de Lorient.


Le coulage du béton est assuré par l’Organisation Todt, et l’équipement des bunkers relève des compétences des hommes du génie de forteresse, les Festungs pionnier.
Les bâtisseurs des blockhaus de la région dépendent ainsi, pour l’organisation Todt de l’OBL Mitte; pour les blindages, l’équipement et l’armement du 17e Etat-major du génie de forteresse (17e festungs pionier stab) de la XIXè région du génie (de l’Orne à la Loire).

Dans notre région, les zones côtières sont divisées en secteurs défensifs rattachés au groupement défensif de Lorient (Küstenverteidigungsgruppe) .

A partir de Clohars-Carnoët on coordonne un sous groupement (Küstenverteidigungs-Untergruppe) qui s’étend de Kerfany à Lorient.

Ces postes de défense, en allemand Widerstandsnest, traduction littérale nid de résistance, sont numérotés Lo (comme Lorient), de Lo 01 à Lo 14 pour ceux du Finistère qui dépendent du secteur de Lorient.

La Casemate du Pouldu en cours de restauration est un bunker de type R 625 pour canon anti-char 7,5 cm Pak 40.

Plan allemand

Ce Modèle R625 : T4 1943 est doté d’une fosse à douilles.


Garnison 6 hommes.


Ce type de bunker pouvait recevoir tous les canons de type « antichars » à partir de 50 mm

Exemple : Pak 36.

Une rampe arrière permettait de sortir la pièce d’artillerie et de la positionner dans un autre emplacement.


Ce blockhaus était équipé de locaux annexes, soute à munitions et abris dortoir.


Ce bunker de classe B – épaisseur des murs de 2 m –murs intérieurs 80 cm. Dalles – 2 mètres. Excavation de 700 m3. Radier 80 cm.


Le cubage de béton coulé est de près de 775 m3 dont 35 tonnes de fer à béton et de 4,7 tonnes de cornière d’acier.

Son prix, sans l’armement ni les portes blindées…

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Atlantikwall : Mythe ou réalité – 2008 de Alain CHAZETTE – p 7.

Plus d’infos : cliquez-ci-dessous

https://memoirepatrimoine.wordpress.com/2018/08/06/la-casemate-du-pouldu-cartes-mises-a-jour/

Quimperlé. La Société d’histoire se penche sur la maison en ruine de la rue de l’Hôpital-Frémeur.

Quimperlé a hérité de son Histoire un riche patrimoine, très diversifié. Malheureusement ces cinquante dernières années, plusieurs édifices ont déjà disparu ou ont été détruits dans une certaine indifférence, comme les Halles de la place Saint-Michel, ou rue Brémond d’Ars, l’ancien hôtel de Bocozel, où est né Théodore Hersart de la Villemarqué.


Aujourd’hui, c’est une maison du XVIIe siècle qui est menacée rue de l’Hôpital Frémeur, l’ancien bar « Chez Jeannine ».

La Société d’Histoire du pays de Kemperlé, a dans ses statuts, « la défense du patrimoine historique sous toutes ses formes ».

Son président Alain Pennec avec d’autres membres de la SHPK, proposent aux Quimperlois une visite expliquée aux abords de cette maison pour mieux comprendre son intérêt historique et patrimonial, le Mercredi 12 juin de 18h à 19h.

La maison a du caractère

Deux belles lucarnes ornées d’un fronton sculpté d’une coquille, un thème Renaissance, repris jusqu’au XVIIe siècle (mais sans rapport avec la présence d’un hospice) et d’une date 1666. La localisation sur l’ancienne route de Quimper, de l’autre côté du ruisseau du Frémeur ou Dourdu, traduit une situation de limite d’agglomération. Sur le plateau, au niveau de la rue de Pont-Aven, il y avait un hameau autour de la chapelle Saint-Yves et de son lavoir ? Peut-être que cette situation pouvait faire de cette maison une auberge ou un relais quelconque ?

Les raisons pour ne pas la détruire sont multiples :

Elle est en tête d’îlot, à un carrefour, sa disparition créerait un vide.

L’îlot en question est remarquable puisqu’il est composé à la suite de la maison, de petites maisons d’ouvriers (de cheminots ?) qui datent de la 2ème partie du XIXe siècle et qui sont notées dans le périmètre de l’AVAP (ancienne ZPPAUP).

D’autre part, la maison étant à proximité d’un monument classé, toute modification de l’environnement proche doit recueillir « l’avis conforme » (obligatoire) des ABF.

Actions déjà engagées par la SHPK :

Le 7 mai 2019 : un article dans la presse pour insister sur l’intérêt pour la SHPK de conserver ce patrimoine (c’est un des buts inscrits dans les statuts de l’association)

Le 9 mai 2019 : un mail au Conservateur régional, Directeur de la DRAC (à Rennes), M. Henry Masson que je connais depuis plusieurs années ; dans le mail, j’insistais sur la force de la SHPK : en adhérents, en contacts avec d’autres sociétés régionales patrimoniales et savantes…Dans sa réponse : Il me remercie de l’alerte, et informe immédiatement l’ABF et promet de me tenir informé de sa position sur le sujet.

Le 4 juin 2019, une réunion du bureau de la SHPK a décidé de proposer aux Quimperlois, une visite expliquée de la maison dans son environnement le mercredi 12 juin de 18h à 19h.`

La Mairie n’a pas cherché pour l’instant à contacter la SHPK et semble favorable à une démolition.

Quelles actions possibles ?    Il faut trouver de l’argent.

Des initiatives peuvent être prises par le maire : solliciter la Fondation du Patrimoine, le Conseil régional, la DRAC, le Département …des mécènes.

Il faut populariser ce dossier, sachant :

  • Que la Ville est engagée dans une démarche Pays d’Art et d’Histoire,
  • Que les Français sont très attachés à leur patrimoine
  • Que les Quimperlois aussi (à travers des associations comme Les Amis de Frémeur, les Amis de l’Abbaye de Sainte-Croix, Les Amis de Lothéa, de Saint-David, De Matilin… 

La SHPK organise une visite expliquée de l’environnement de la maison (comme Yves Bellancourt l’avait fait rue Brémond d’Ars)…              

Il faut aussi un projet municipal pour faire vivre cet édifice                

   A Pennec, président de la SHPK, le 3 juin 2019.                                                                      

La Société d’Histoire du pays de Kemperle, a dans ses statuts, « la défense du patrimoine historique sous toutes ses formes. Avec d’autres membres de la SHPK, nous proposons une visite expliquée aux abords de cette maison pour mieux comprendre son intérêt historique et patrimonial. »

Rendez-vous le mercredi 12 juin de 18 h à 19 h

http://shpk29.blogspot.com

Deux ouvrages publiés !

Deux ouvrages sur la commune de Clohars-Carnoët viennent d’être publiés chez Liv ‘Editions. Quatre membres de l’association Mémoire et Patrimoine ont travaillé pour qu’ils voient le jour. Les droits d’auteurs reviendront à l’association.

Le Pouldu d’autrefois. Le premier livre, « Le Pouldu », est l’œuvre de Marcel Gozzi. L’ouvrage de 102 pages, tiré à 1 000 exemplaires, met l’accent sur l’histoire de la station balnéaire : les hôtels, les maisons remarquables, le Pouldu d’autrefois et, bien sûr, les peintres qui ont fréquenté les lieux. La Maison Musée est bien entendu mise en avant.

La ria de Doëlan. L’autre livre est consacré à la ria de Doëlan. C’est une brochure de 36 pages, tirée à 1 000 exemplaires également et que l’on doit à Marcel Gozzi et à Lydie Le Floc’h. Les lecteurs découvriront, entre autres, des photos du même site à deux périodes différentes. La maquette a été élaborée par Daniel Bazire. Frédérique Le Thoër a traduit le texte en anglais, en allemand et en espagnol. Ses traductions sont disponibles sur une appli de Quimperlé Terre Océane.

Les dédicaces programmées.

Samedi 1er juin, de 10 h à 12 h 30, à la Maison de la presse, rue de Lannevain, et samedi 8 juin, au Carrefour Contact ; mercredi 19 juin, à l’espace culturel Leclerc de Quimperlé, de 14 h à 18 h.

Ils ont mis leurs talents au service de l’association: Marcel Gozzi ( à gauche), Frédérique Le Thoër et Daniel Bazire ( absente : Lydie Le Floc’h)