La poche de Lorient et Clohars Carnoët : le front de la Laïta.

Après les combats de Normandie en juin et juillet 1944, les Alliés percent les défenses allemandes. La  3e armée de Patton fonce alors vers l’Ouest et Brest pour libérer une Bretagne en état d’insurrection.

Mais la péninsule ne sera totalement libérée qu’en mai 1945 après la reddition des poches de Lorient et Saint-Nazaire.

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Clohars devient d’août 1944 à mai 1945

le front Ouest de la Poche de Lorient.

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Été 1944 : la résistance au grand jour

Tout d’abord c’est la résistance des administrations communales, qui s’opposent aux exigences des allemands. Elles distribuent des fausses cartes d’identité et d’alimentation aux évadés, aux travailleurs réfractaires. En 1943, la commune de Clohars-Carnoët refuse de livrer du beurre aux Allemands. Une amende d’un million de francs lui est infligée. Elle sera répartie sur l’ensemble des habitants.

A côté de cette résistance la lutte s’organise dans la clandestinité. Le combat s’engage contre les Allemands au sein des réseaux de renseignement. Le 27 novembre 1941, un câble téléphonique est saboté sur le territoire de la commune. C’est le premier acte de sabotage recensé dans le canton de Quimperlé.

Dans le secteur de Quimperlé.

En premier lieu, le réseau Johny, puis le réseau Vengeance, le F2, le 5e Bureau etc… ils fournissent inlassablement aux Alliés toutes les informations concernant les mouvements de troupes, les constructions d’ouvrages militaires, les entrées et sorties de sous-marins etc…Tous ces renseignements sont transmis directement à Londres par radio.

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D’autres résistants sont chargés de cacher, d’héberger, de diriger sur d’autres lieux les aviateurs alliés tombés du ciel. Chacun fait son devoir, mais les arrestations de la Gestapo sont nombreuses.

A partir de mai 1943, on commence à recruter des volontaires pour les combats à venir.  Un premier groupe, est constitué: le groupe Nord. Son activité se limite à quelques expéditions punitives contre certains trafiquants pro-allemands. Un 2è groupe se forme à son tour: le groupe Ellé-Laïta.

Le 4 juin 1944 au soir après l’audition du message « La Flèche ne percera pas », les maquis de Bretagne passent simultanément à l’exécution des plans Vert (destruction des voies ferrées) et Violet (lignes téléphoniques aériennes et souterraines mises hors d’usage ).

Les FFI et les FTP font tout pour dérégler la machine de guerre allemande : il faut retarder l’envoi de troupes vers la Normandie.

Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, appuyés par les paras SAS, les groupes de résistants passent à l’action et multiplient les actions. ( Maquis de Saint Marcel )

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Une trentaine de conteneurs d’armes et de munitions sont largués en Bretagne entre les 9 et 17 juin.  Malgré ses carences militaires, la Résistance parvient à fixer durablement l’occupant. 

Le secteur de Quimperlé, tourné au départ vers le Morbihan, est confié au capitaine Loyer qui arrive à rassembler 1000 hommes (O.R.A., Libé-Nord, Vengeance et Armée Secrète)

  • Le 7 juin, le groupe Nord détruit toutes les lignes téléphoniques sur les routes de Guiscriff, le Faouet-Lorient, et il reçoit un parachutage d’armes à Boblaye.
    Le groupe Ellé-Laïta sectionne également toutes les lignes tant aériennes que souterraines de son secteur.
  • Le groupe Nord, coupe la voie ferrée entre Bannalec et Mellac et continue de saboter les lignes téléphoniques. Il est de ce fait activement recherché par les Allemands.
  • Le 7 juillet, les résistants réceptionnent un parachutage d’armes, le 8 ils abattent un agent de la Gestapo.
  • Le groupe Ellé-Laïta, début juillet, coupe la ligne haute tension qui alimente le terrain d’aviation de Lann Bihoué.
  • Le 9 juillet, après avoir reçu un parachutage d’armes et d’explosif, les maquisards parviennent à couper la voie ferrée Lorient-Quimperlé en 5 endroits différents, provoquant 3 déraillements de trains.

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Juillet 1944, La lutte s’amplifie

Le 13 juillet le groupe Nord retrouve une équipe Jedburgh parachutée  le 10 juillet à Boblaye en Meslan. (Jedburgh avait pour objectif de coordonner l’action des maquis avec les plans généraux des Alliés d’équiper les résistants en vue d’immobiliser les forces allemandes au moment du débarquement de Normandie.)

Le 26 juillet, à 6 heures du matin le maquis est encerclé par les Allemands. Le combat est acharné les pertes sont lourdes.

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(Une équipe Jedburgh est constituée de trois officiers dont l’un est un opérateur-radio)

Les rescapés se regroupent à  Kerbozec en Querrien, sous les ordres du major anglais Colin Ogden-Smith et du lieutenant de parachutiste Meudion. Le 29 juillet les troupes allemandes anti-partisans attaquent. Les maquisards se replient le major anglais et un sergent SAS couvrent leur retraite et succombent à bout de munitions.

  • Jusqu’à la fin de juillet 1944, les actions de guérilla des maquis se poursuivent.
    La répression est impitoyable, les résistants arrêtés sont souvent torturé et exécutés comme en témoignent les charniers découverts après la Libération.

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Récit du massacre de Kerfany (30 juillet 1944)

Vingt résistants français emprisonnés à la prison du Bel-Air, à Quimperlé … brutalement interrogées, torturées et un combattant identifié bien plus tard (un Ukrainien qui avait tenté de violer une femme et qui s’était retrouvé dans la prison) sont fusillés à Kerfany le 30 juillet 1944

 » Ce furent deux soldats polonais employés par les Allemands pour ensevelir les corps qui révéleront l’endroit exact aux F.F.I. Ils témoigneront de ces exécutions :

 » Les français furent amenés à Kerfany en voiture cellulaire. Ils étaient épuisés… Les Boches les relevèrent brutalement et les conduisirent sous les pins… Ils portaient des traces de coups, leurs yeux étaient démesurément enflés, le sang ruisselait sur leur visage… Nous étions profondément touchés en voyant cet horrible spectacle, mais, hélas ! à deux nous ne pouvions rien faire… Une fois, ils furent lâchement abattus l’un après l’autre. Une autre fois, liés deux à deux, ils furent froidement exécutés à la mitrailleuse. Une quarantaine de soldats allemands assistèrent impassibles à cette sinistre exécution… L’une des victimes s’élança vers la mer… Il était jeune, il ne voulait pas mourir. Blessé, il fut placé contre un arbre et achevé sans pitié. » (Ouest-France, 29 septembre 1944). »

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http://memoiredeguerre.free.fr/fusilles/fusilles-29.htm

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La situation à la veille de la Libération


En 1944, à Quimperlé  se tenait le quartier général de la 265e division de la Heer  à l’emplacement de l’actuelle Mairie.

Kriegsmarine , Wehrmacht, FlaK, Feldgendarmerie, police anti-partisan, front-fürhung, dépôt central d’approvisionnement présentaient un échantillonnage de l’armée allemande. ( plusieurs milliers d’occupants ) La prison de la Gestapo était située au collège Jules Ferry. Les camps allemands se tenaient à l’école du Bel Air ( camp Major Wick ), à l’usine Massau ( camp Balthazar ), à l’école Sainte Croix, route de Pont Aven ( camp Saint Yves ).
L’organisation Todt avait transformé Quimperlé en un vaste marché où les ouvriers se vendaient au plus offrant. On comptait 500 travailleurs Todt présents en 1943.
De plus venaient s’ajouter tous les commerces clandestins pratiqués par cet univers cosmopolite sous le couvert et au seul profit de l’occupant.

4.1.i. Signalisation allemande

 

L’armée allemande en 1944 à Clohars Carnoët.

Le 895e régiment d’infanterie de la 265e division allemande occupe Clohars.

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Ordre de bataille allemand en Bretagne – décembre 1940 – mai 1945

Le 25° corps d’armée

Le 12 décembre 1940 arrive le 25e corps d’armées. Il s’installe à la Baule, puis en mai 1942 à Redon et en octobre 1942 à Pontivy.  Il se replie en août 1944 dans la Poche de Lorient jusqu’au 10 mai 1945. 

XXV. AK (Armee Korps) – Novembre 1940 – Mai 1945
Commandant General der Artillerie Wilhelm Fahrmbacher 

4.1.b. Farmbacher BA

265è division d’infanterie (juillet 1943 à août 1944)

Formée le 20 mai 1943 comme division de surveillance des côtes sud de la Bretagne, de Douarnenez à Etel, elle arrive à Quimperlé à partir du 22 juillet 1943. Elle est commandée par le Generalleutnant Düvert (dont le PC est à Quimperlé) et se déploie entre Douarnenez et Etel en incluant la Festung Lorient.

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La 265.ID met en place trois régiments d’infanterie IR.894, 895 et 896 à deux bataillons d’infanterie chacun, totalisant 8 compagnies d’infanterie, une compagnie antichar et une compagnie de canons d’infanterie.

L’armement de la 265e division d’infanterie n’est pas rutilant, pour preuve l’état des matériels détenus au 1er septembre 1943. Les armes proviennent de sept nationalités différentes : Allemagne, Russie, Tchécoslovaquie, Pologne, Hollande, Belgique et France.
Des fusils Lebel et 07/15, le F.M. Fauchat, la mitrailleuse Hotchkiss, le canon de 155 français ont repris du service au profit de leurs nouveaux propriétaires.

Le 22 octobre, la 265e division reçoit le renfort de 322 volontaires auxiliaires italiens et, le 9 novembre, celui du Ost-bataillon 634 (633 hommes), qui s’implantera dans le secteur de Clohars-Carnoët.

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En 1944 la FeldKommandantur fut établie au centre du bourg ; dans l’hôtel Joliff. (Actuelle mairie) L’organisation Todt occupait le manoir de Kersimon à Doëlan et la villa Ker Brezel au Pouldu. La douane militaire allemande était à Doëlan et au Pouldu.

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En juin 1944 toutes les positions fortifiées sont tenues par des détachements des unités présentes dans le secteur. Pour les ouvrages en béton qui disposent d’un armement sur affût fixe, on fait appel au XXVe régiment de forteresse (29 compagnies disséminées sur la côte bretonne)

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En juillet 1943, au Pouldu (Fort Clohars) une batterie d’artillerie de campagne du 2è groupe d’artillerie de 265è division d’infanterie. (Quatre pièces de 155 mm, modèle 1917 Schneider) est positionnée. Cette batterie part rejoindre le front de Normandie le 8 juin 1944, à 21 h 40 .

5.6.o Fort Clohars 15.5 cm 414 axis 3 (2)

Le Régiment d’infanterie 895

Ce régiment prend position de la rive droite du Scorff jusqu’à Pont-Aven avec son PC à Guidel. (Oberst Habersang)

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L’état-major du 2è bataillon est à Clohars de juillet à novembre 1943 puis à Fouesnant.
La 5° compagnie du 895° régiment est à Moëlan avec une section à Kerfany et une
autre section à Brigneau. La compagnie part à Gestel le 15 janvier 1944.

La 8° compagnie est à Kergroès jusqu ‘au 15 janvier 1944. Les officiers logent à l’Hôtel des Bruyères. Une section part à Guengat le 25 novembre 1943.

Le bataillon quitte le secteur en janvier 1944 relevé par le 634è OstBataillon. (Russes blancs)Zaldastanishvili_017_1

Fin 1943 il reçoit le renfort de supplétifs russes. Le 634e Ost Bataillon.

Ost-Bataillon 634 (Devient le 3è bataillon du Régiment d’infanterie 895)
Ce 634è bataillon est formé de supplétifs russes. Subordonné au 895è régiment, il relève le 2e bataillon du 895è régiment en novembre 1943. Son PC se trouve à Riec sur Belon. L’Ost-Bat.634 était aux ordres de l’Oberst Bitcherow ( Lorient, 1945: Les Allemands face au choc de la capitulation. Prisonniers ordinaires, criminels de guerre.  Mai 2018 – PUR Edition. de Michling Hubertus – Jean-Claude Catherine)
Etat-major à Riec
9è compagnie à Moëlan
10è compagnie au Pouldu
11è compagnie à Clohars-Carnoët
12è compagnie à Kergroës
13è compagnie à Guidel
14è compagnie à Clohars-Camoët
15è compagnie au Pouldu

La 7è compagnie est affectée à Clohars-Carnoët avec des détachements dans tous les nids de résistance du secteur.

 

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Début août 1944 : l’insurrection bretonne

Le 3 août 1944, la BBC lance l’appel tant attendu au soulèvement général. Le message codé diffusé est : « Le chapeau de Napoléon est-il toujours à Perros-Guirec » 

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La percée d’Avranches

La IIIe armée du général Patton fonce alors sur la Bretagne où elle entre le 31 juillet. Le 4 août, Rennes est libérée. Les tanks de Patton sont à Saint-Brieuc et Vannes le 6 août.
Morlaix et Quimper voient le départ des Allemands deux jours plus tard.

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Les Américains avancent rapidement, les occupants préférant se replier vers l’est ou vers les grands ports bretons fortement défendus.

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À chaque libération de ville, la foule descend en liesse dans les rues.
La Résistance joue un rôle important en harcelant l’occupant, puis, une fois les troupes alliées passées, en nettoyant les poches de résistance.
Le retrait allemand ne se fait pas sans exactions, plusieurs massacres sont commis.

Guidés par les FFI les blindés US libèrent la Bretagne

Harcelées par les maquisards et menacés par l’avance des Américains, les troupes allemandes du Finistère sud se replient vers le Festung Lorient qui deviendra la Poche de Lorient.

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La coûteuse prise de Brest,

un avertissement pour un assaut sur Lorient.

Le 7 août, les Alliés arrivent dans les faubourgs de Brest qui est défendu par des troupes d’élite, notamment les parachutistes du général Ramcke.

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Ces derniers vont se défendre pied à pied pendant plusieurs semaines. Les combats sont terribles. On se bat rue par rue, immeuble par immeuble. Les Allemands ne se rendent que le 19 septembre après avoir saboté les installations portuaires.

Face aux difficultés de la prise de Brest, les Alliés se décidèrent de se contenter d’encercler les ports fortifiés de Lorient et Saint-Nazaire.  Ils vont déléguer une partie de leur encerclement aux maquis bretons.

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Maquisards à Clohars  F.T.P.F. – F.F.I.

Une compagnie de F.T.P.F. comprenant 33 hommes avait été constituée à Clohars et intégrée aux FFI. Elle était commandée par Michel Bonnaire.

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Michel Bonnaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il était assisté par 3 chefs de groupes :
Henri Le Maout (de Lannevain )
Albert Le Priol (de Lorient)
Joseph Merrien (de Lannevain)

Et 29 compagnons :

Joseph Audren, Julien Audren (préparateur en pharmacie, tué sur le front de Guidel , le 22 mars 1945), Julien Bernard Brangoulou (à Doëlan), Théophile Coic (Doëlan), Francis Delin, Joseph Delliou, Émile Douaré (régisseur du domaine de l’abbaye de Saint-Maurice), Marcel Endreo (au Bourg), Joseph Fouesnant (à Kermerrien, champion de Bretagne du lever d’essieux), Raymond Guillou (charcutier au Bourg, le Cadran solaire), Louis et Noël Gerot (à Doëlan), Roger Hervé, Victor Jégou (fils du passeur, à Doëlan), Francis Kervidaou (au Stancou), Joseph Le Bris, Clément et Joseph Le Corre (à Lannevain), Francis Le Guenou (à Doëlan rive droite), Joseph et Julien Le Grevellec, Pierre Le Goff (à La Grange de Doëlan), Jean Le Halpert (à Lannevain), Albert Le Lay (de Doëlan), Jérôme Le Maout, Théophile Le Thoër (à Doëlan), Joseph Pennec (à Doëlan) et Jean Prado (Le Pouldu).

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L’USC dont une partie de l’équipe est engagée dans la Résistance.

 

11.1.0a Jean Halper (CI)

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Dès le 3 juin 1944, le groupe Ségalou de Doëlan, opère des actions de sabotage contre les communications allemandes.

Mais, les actions contre les forces d’occupations sont difficiles à mener, car la proximité de la base de Lorient, et la forte présence allemande freine les velléités d’action. De plus, sans armes, les résistants ne peuvent pas grand-chose.

Le secteur F.F.I. de Clohars, s’étend alors de Baye à Doèlan, en passant par Quimperlé ouest et sud, limité à l’est par la Laïta.

Il était commandé par le capitaine Treflez, assisté des lieutenants Pierre Brunerie, Brevini et du sous-lieutenant Cadic. Le  poste de commandement se trouve à Baye.

  • Le 4 août on sonne le rappel des résistants. De nombreux marins d’active en congé d’Armistice répondent présent ( tels Guillore, Cornou, Famchon, Evens, Segalou…), ainsi que des chefs de groupe de maquis ( tels Cornec, Fiche, Pivert, Bonnaire …); tous sont prêts à en découdre avec l’ennemi.
    Six groupes sont créés et se tiennent à Baye, Clohars, au viaduc de Quimperlé, route du Zouave, à Saint Maurice et à Doèlan. Ces compagnies F.F.I., dans un premier temps opèrent des actions de sabotage sur les moyens de communication allemands, puis surveillent les routes et attaquent les petits convois allemands en retraite vers Lorient.
  • Les 5 et 6 août, les FFI cloharsiens, regroupés autour de Michel Bonnaire et François Segalou, prenaient position sur la route de Saint-Maurice, renforcés par des groupes de résistants venus de Moëlan, Bannalec et Quimperlé.

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Extrait du journal du groupe F.F.I. de Clohars, du Capitaine Treflez

Le 4 août, dans la soirée :

Répartition des armes parachutées, les missions sont données à chaque groupe F.F.I / Sabotage de la voie ferrée Mellac-Quimperlé, destruction des moyens de communication allemands, surveillance des routes, route de St Maurice, des arbres sont coupés.

5 août :

  • un détachement FTP, commandé par Michel Bonnaire, sabote les lignes téléphoniques et attaque les convois de la Wehrmacht en retraite vers Lorient. A Saint Germain, les Allemands perdent 5 hommes.
  • le groupe Ségalou a un accrochage à Croas ar Gall. Jean Marie le Bloa est grièvement blessé.
  • un accrochage contre 12 allemands est également signalé, à Croas en Ter
    dans la nuit, route de Moèlan le groupe de Auguste Fiche extermine un petit détachement de supplétifs russes, son armement est récupéré.
  • Les maquisards sont attaqués à leur tour par un convoi allemand, le combat dure une heure ( les Allemands perdent 15 hommes, Auguste Fiche est blessé, un paysan de passage M Louis Even de Porz en Breton est tué )

Du 5 au 9 août :

  • la surveillance des mouvements allemands est menée activement, des personnes suspectes sont arrêtées

 9/10 août :

  • les Allemands évacuent Quimperlé, les F.F.I. du Sous-Lieutenant Cadic se concentrent sur Clohars

10 août :

  • la section F.F.I. Perez de Bannalec, prend position au Zouave, elle est renforcée par la section Bastia de Scaer
  • le secteur de Clohars est créé sous le commandement du Capitaine Treflez, assisté de Famchon et de Cadic. La section de marins est sous les ordres de l’officier des équipages Even. Bonnaire, chef des FTP, rallié aux F.F.I. reste le chef de sa section.
  • des mines sont posées par les F.F.I. sur la route de Saint Maurice

12 août :

  • une cinquantaine d’allemands patrouille au Pouldu

13 août :

  • le Capitaine Treflez installe son P.C. à l’hôtel Carnoët à Clohars

15 août :

  • au P.C., le Cpt Treflez apprend que des allemands, se trouvant sur le territoire de Guidel, viennent s’approvisionner en eau à la fontaine du Château de Saint Maurice. Il envoie aussitôt des éléments du groupe Perez-Bonnaire pour tendre une embuscade. Quatre soldats ennemis traversent la Laïta; ceux-ci sont attaqués par les F.F.I.. Deux sont tués, un est blessé, un quatrième un polonais est fait prisonnier.
  • en représailles l’artillerie adverse tire vers le Garlouët-le Zouave, deux vaches sont tuées…

19 août :

  • les chars américains pilonnent les lignes allemandes
  •  un détachement allemand, franchit la Laïta, sur des canots pneumatiques. Ces soldats patrouillent à Kergastel, Portzmoric, au Pouldu, au Kérou et remontent jusqu’à Kerharo.
  • l’ennemi fait demi-tour  en début d’après midi, après avoir raflé 32 bicyclettes et 3 barques de matériel.
  • une colonne américaine, venue inspecter le pont de Saint Maurice est appelée en renfort.
  • le front de Clohars est renforcé par des F.F.I. d’Arzano, de Rédéné, de Guilligomarc’h, et de Bannalec.
  • après un parachutage d’armes le 19 août, les marins d’actives rappelés (500 hommes) sont équipés de mortiers et d’armes automatiques.  Ils vont alors prendre position les jours suivant sur les falaises de Pouldu.

20 août

  • des chars américains bombardent les lignes allemandes depuis Kerharo. Ils tirent vers la côte guideloise. Une batterie allemande riposte; une maison est détruite.
  • M Rousselot de Porzmoric reçoit une balle explosive dans la jambe, il est évacué sur l’hôpital.

21 août :

  • la section du Lieutenant Cutulic des F.F.I. de Quimperlé, relève la section Cornec à Saint Maurice

22 août :

  • des patrouilles américaines font des reconnaissances vers Saint Maurice
  • l’artillerie américaine pilonne les lignes allemandes
  • 3 personnes sautent sur une mine au Kérou, l’une d’entre elles meurt : M Costaouet

23 août :

  • les Américains bombardent toujours les Allemands

24 août :

  • les Lieutenants Famchon et Marie-Nelly exécutent des tirs sur Saint Maurice et Saint Germain pour détruire des barques allemandes. L’ennemi déclenche alors un violent plan de feu.
  • des vedettes rapides allemandes sont signalées dans la nuit à Brigneau

25 août :

  • des navires allemands qui évacuent Concarneau sont aperçus
  • échange d’artillerie entre allemands et américains; 5 obus allemands tombent entre Langlazic et Kerharo, sans dégâts

27/28 août :

  • les Américains pilonnent à nouveau les blockhaus de Kerhop, Guidel et Fort Bloqué; mais sans résultat

Fin du journal de marche

journal de marche : Document intégraleFFI-08-44-clohars

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Le repli des Allemands de Clohars-Carnoët

Le 4 août, vers 14 h, à l’annonce de l’arrivée prochaine des blindés américains, la garnison allemande et ses supplétifs russes, évacue vers Lorient en réquisitionnant toutes les voitures disponibles. Les soldats, les pièces d’artillerie et les munitions franchissent le pont de bois à Saint-Maurice.

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Seuls restent quelques hommes affectés à Fort-Clohars qui présente un réel intérêt stratégique à cause de sa position dominante vers Guidel et Lorient. Ils y resteront jusqu’au 15 août.

La nuit du 4 au 5 août, à deux heures du matin, les douaniers de la GAST quittent la pointe de Cayenne à Doëlan. Ils rejoignent l’île de Groix en vedette.

Mais, le 5 août, les Allemands, ne voyant personne (Américains ou F.F.I. ) occuper leurs anciennes positions, traversent la Laïta et reviennent au Pouldu pour continuer l’évacuation du matériel et des vivres. Au passage ils raflent quelques jeunes gens suspectés de fêter prématurément la libération. Ces derniers sont emmenés manu-militari de l’autre côté de la rivière; ils sont libérés quelques jours plus tard, sains et saufs.

Le dimanche 13 août, une patrouille allemande, d’une trentaine d’hommes, débarquait à Porsmoric et remonta la Laïta par le sentier côtier vers Saint-Germain où un groupe d’une dizaine de FFI se lavait joyeusement au lavoir du hameau. Julia Flecher donna l’alerte permettant ainsi aux FFI, dénudés, de s’échapper. Ainsi les Allemands ne trouvèrent pas de «terroristes», évitant à Saint-Germain d’être incendié. Ils poussèrent jusqu’à Kergastel et repassèrent la rivière.

Le 19 août, des soldats de la Wehrmacht font une dernière incursion au Pouldu.
La patrouille de plus de 80 hommes remonte sans encombre jusqu’au Kérou, puis repasse la rivière après avoir effectuée des actes de pillage au Pouldu. Les allemands emportent ainsi 32 bicyclettes et 3 barques de matériel.

Le pont de Saint Maurice est coupé

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Entre 1941 et 1942, l’organisation Todt construisait un robuste pont en bois à deux voies sur la Laïta, à Saint Maurice. Cet ouvrage avait été érigé pour faciliter les liaisons avec Lorient, et éviter de passer par Quimperlé.

Entre le 5 et le 7 août, une compagnie du 265e bataillon de génie de la Wehrmacht sous le commandement du Lieutenant de Vaisseau Böcken procède à des travaux de destruction sur le pont de Saint Maurice. Le pont est partiellement coupé.

Les F.F.I. de Clohars craignent que les Allemands le réparent et s’en servent pour mener des incursions sur la rive finistérienne; ils demandent alors à la RAF de le bombarder pour éloigner cette menace. C’est chose faite, quelques jours plus tard; un bimoteur achève l’œuvre de destruction entamée, le pont est définitivement coupé.

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Le 10 août 1944 les FFI et les troupes américaines encerclent la forteresse de Lorient.

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Arrivés par Arzano, les américains de la 4e division blindée gagnaient Pont-Scorff le 7 août en vue de prendre Lorient guidée par les FFI.

A Quéven les tirs d’une batterie de DCA détruisit leur pc mobile de communication. Quelques unités progressèrent vers Lorient puis reculèrent face à l’artillerie allemande en se repliant sur Pont-Scorff.

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Depuis Auray l’autre partie de la 4e DB tentait une percée sur Hennebont mais face aux tirs d’artillerie, elle se dirigea vers Lochrist et se retrouva bloquée. La formation se replia sur Caudan puis abandonna le front de Lorient pour Nantes.

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Le général Wood ne souhaitait pas s’engager dans la zone urbaine de Lorient, la bataille de Brest faisait rage.

Le 14 août, les chars américains de la 4e DB du général Patton prirent la direction de l’est abandonnant l’idée de prendre Lorient qui resta enclavé jusqu’au 10 mai 1945.

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Festung Lorient

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Les unités allemandes qui se retranchaient sur Lorient étaient commandées par le général Fahrmbacher. Il avait reçu l’ordre d’Hitler de tenir le Festung jusqu’au bout.

La forteresse disposait de 26 000 hommes, pour moitié des marins, pour un tiers des soldats de l’armée de terre. Le reste se répartissait entre l’armée de l’air, des unités de l’Est et quelques soldats étrangers.

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Près de 500 pièces d’artillerie de tous calibres protégeaient la forteresse dont des canons de 203 mm en batterie à Groix, et de 340 mm, positionnés au Bégo, en Plouharnel.

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La ligne de résistance terrestre était longue de 54 km environ, comportant des nids de résistance, des fossés antichars et des champs de mines. L’artillerie fut réorganisée et les défenses maritimes tournées vers les terres.

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Le 10 août, le cercle s’est fermé autour de Lorient.

Les Allemands n’ont plus de liaison terrestre..

Le général Fahrmbacher  développe les capacités de défense des lignes terrestres, organise le ravitaillement, forme des unités capables de se battre et  repousse la ligne principale de résistance le plus loin possible et fait croire à l’ennemi à une haute capacité de défense.

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Les américains à Clohars …

Les premières Jeeps américaines de reconnaissance firent une apparition à Clohars, le mercredi 9 août, impressionnant par leurs tenues et leurs équipements. 

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Unités de reconnaissance US en Bretagne.

 

Le 10 août, après l’évacuation de Quimperlé, par la Wehrmacht, les groupes F.F.I. prennent position et surveillent les hauteurs de la Laïta face au Morbihan ou se sont retranchées les forces allemandes.

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Bunker doté d’un périscope comme ceux du Pouldu.

Le 11 août, des troupes de la 4e division blindée arrivaient au Pouldu puis ils s’installèrent sur le front de Clohars. Des hommes du 25è groupe de reconnaissance s’emparèrent des batteries côtières du Pouldu. Un char américain vint se poster rue du Port, au Pouldu, et commença à tirer sur les positions allemandes situées sur la rive, côté Guidel.

Les batteries allemandes répliquèrent aussitôt et un soldat américain appartenant à la 4e Division Blindée américaine fut tué et évacué sur une civière empruntée à la ferme de Mme Audren-Colomer.

C’est la 6e  DB venant de Brest, qui releva le 15 août la 4e DB.  

A partir du 20 août, la présence américaine fut renforcée. En position à Kerharo, des chars lourds bombardaient les lignes ennemies.

La 6e  DB fut  remplacée le 15 septembre par la 94e  division d’infanterie. Les unités à Lorient étaient commandées par le brigadier général Rollins.

8.14 crynroom-group-edit-2

Le front de la Laïta était stabilisé et tenu par diverses troupes de FFI ou de marins remobilisés renforcés par la 94e Division d’infanterie américaine et son artillerie composée de canons de 105 mm autotractés.

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Clohars était en première ligne et subit des pertes du fait des tirs de répliques ou de représailles aux tirs épisodiques des Américains. 

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Janvier 1945  La 66e  D.I. US relevait la 94e  DI US,  le général Kramer regroupait les secteurs tactiques. Le secteur Lorient-Ouest passa sous commandement américain et Lorient-Est sous commandement français.

Début 1945, une unité de 66e D.I américaine équipée de canons à longue portée tira vers l’Ile de Groix, sur la batterie allemande Seydlitz quelques salves à partir du Bas-Pouldu.

Le tir fut bien ajusté mais ne produisit aucun résultat significatif, Fort Surville fut également visé, sans gros dégâts.

Les artilleurs US restèrent sur place une demi-heure, puis prirent position au Nord du Pouldu à la lisière de la forêt sous le tir des batteries allemandes de Guidel.

Le 3 février, le clocher de Guidel, qui est un observatoire pour les Allemands est détruit par le tir direct d’un obusier de 155 mm. Ce tir est effectué des hauteurs du Pouldu, sous les indications d’un homme des bataillons de marche du Finistère.

A partir du 25 février, grâce aux meilleures conditions météo, les artilleurs américains pratiquent des tirs de harassement sur des objectifs déterminés (poste d’observations, cantonnement, point fortifié)

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Une unité d’artillerie américaine fut stationnée non loin du bourg de Clohars à partir du 6 mars 1945.

La batterie D du 721e Bataillon d’artillerie de campagne, du 56e Régiment d’Infanterie sous le commandement du Capitaine Hoppers Rangers.

8.13 clohars.1945
La batterie D est stationnée non loin du bourg, sous le commandement du Capitaine Hoppers Rangers.

Les 2 obusiers du 721e bataillon d’artillerie de campagne se positionnent près de Clohars, pour neutraliser différentes installations allemandes.

Une des cibles est une boulangerie sert à l’ennemi ; touchée, elle brûle 5 heures. Un autre objectif est une batterie de D.C.A. sur les hauteurs de la côte de Guidel, à Kermabo. La batterie  Rosselben ( 4 cuves bétonnées pour canons de 105 mm, télémètre sur abri, bunkers pour les munitions…) est anéantie; un magasin à munitions touché explose, envoyant une colonne de fumée à 120 mètres dans les airs. Sur les 4 canons présents, un seul reste utilisable.

Le 22 mars, les Américains prennent pour cible le trafic maritime allemand à la sortie du port de Lorient. Un obusier du 721e envoie 95 obus sur un cargo; 4 coups au but… le navire coule. D’autres tirs sont effectués sur un dragueur de mines, mais sans résultats.

Le 25 mars, 2 canons de 76,2 mm du 721e et une pièce de 105 mm de l’artillerie française, sont amenés en position pour garder la côte du Pouldu à Port Manech.

Le 27 mars, un obusier US placé sur la côte cloharsienne, endommage la station de pompage de l’étang de Lannenec qui ravitaille en eau une partie Lorient.

Les artilleurs américains bombardent ainsi sans relâche jusqu’au 8 mai les lignes allemandes…

___________

Les FFI sur le Front de la Laïta

Le 13 août, le P.C. des FFI s’installait à Clohars sous l’autorité du Capitaine Treflez. La ligne de front se tenait en retrait de la rivière, à l’abri des tirs directs allemands.
Dans un premier temps, ils n’étaient que 840 F.F.I. en ligne sur les 12 km du front de la Laïta, 200 se tenaient en réserve. Le 31 octobre, cette zone de guerre devint le Sous-secteur du Finistère des Forces Françaises du Morbihan avec le 17e bataillon F.F.I. du Finistère et 2e compagnie de fusiliers marins.

3.2

Le 17e Bataillon F.F.I. du Finistère est créé le 10 août 1944, il se compose progressivement des groupes de résistants du Sud Finistère de  Quimperlé, Clohars, Pont Aven, Rosporden, Coray, et Concarneau.

  • A partir du 10 août, les maquisards s’organisent sous le commandement du Capitaine Trefflez, dont le P.C. est à Clohars.
  • Ils reçoivent le renfort de F.F.I. de Bannalec, de Scaër, d’Arzano, de Rédéné, et de Guilligomarc’h.
  • Au mois août la ligne de front se tient en retrait de la rivière, à l’abri des tirs directs allemands.
  • Les limites ouest de la  » Poche de Lorient  » vont alors de la forêt de Carnoët au Pouldu.
  • Dans un premier temps ils ne sont que 840 F.F.I. en ligne sur les 12 km du front de la Laïta, 200 se tiennent en réserve.
  • Le chef de cette ligne de front est le commandant Loyer.
  • Le secteur est opérationnel à partir du 25 août, le P.C sera à Quimperlé.

Éléments du 17e Bataillon F.F.I. du Finistère arrivant à Clohars

7.7 FFI-Frt-Clohars.20201.

7.6 FFI-clohars.xpo1

7.5 FFI-Frt-Clohars (3)

Un détachement de fusiliers marins vient en renfort pour occuper le sud du front de la Laïta, au Pouldu et quelques chars américains se placent aux endroits névralgiques.

Le 31 octobre, cette zone de guerre devint le Sous-secteur du Finistère des Forces Françaises du Morbihan avec le 17e bataillon F.F.I. du Finistère et 2e compagnie de fusiliers marins.

Le secteur du Morbihan est sous le commandement du général d’active Borgnis Desborde  de l’armée d’Afrique .

concarneau
La 4e section du groupe Vengeance de Concarneau au sein de laquelle on distingue en uniforme le capitaine Martin, à gauche est présente sur le front de La Laïta

7.2.e. Front Laïta

Au Pouldu : Le Bataillon de marche du Finistère.

Le bataillon de marche du Finistère, Chef : lieutenant de vaisseau Le Hénaff fut formé le 18 septembre 1944 par trois compagnies de fusiliers-marins FFI ayant participé au siège de Brest (Unité Marine Quimper, notamment). C‘était à cette époque la seule unité militaire homogène dans le dispositif F.F.I.

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Lieutenant de vaisseau Le Hénaff à droite.

Le bataillon de marche du Finistère fut versé dans le 4e  régiment de fusiliers-marins créé par décision du 25 octobre 1944.  Il devint le 4e  bataillon du 4e  régiment de fusiliers-marins. (555 hommes)Intégré dans la 19e   DI et passait  sous le commandement tactique du 19e   Dragon. 

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4e  régiment de fusiliers-marins – après la reddition allemande à la BSM.

A la date du 13 décembre 1944, les unités sur le front de Clohars étaient réparties ainsi

• du Pouldu au Vuzut, les fusiliers marins
• du Vuzut à Saint Maurice, le 1er bataillon de marche
• de Saint Maurice à Carnoët, le 2è bataillon de marche.

Le 25 Octobre 1944, le combat de Berluhec

 Berluhec est un hameau qui se situe à la limite des communes de Guidel et de Rédené.

Le 25 Octobre 1944, les allemands obéissant à des ordres venus du grand quartier général, lançaient une violente attaque comme ils le firent en d’autres points de la Poche de Lorient.

Le but était de faire diversion en vue de la préparation de l’attaque des Ardennes.

Ce 25 octobre les allemands attaquent à l’aube avec l’effectif d’un bataillon. En face se trouve en ligne deux sections de la compagnie F.F.I. de Quimperlé qui vont résister toute une matinée.

Après l’intervention de l’artillerie américaine, les allemands décrochent emportant plusieurs dizaines de morts et de blessés.

Côté F.F.I. : deux tués, Louis Fiot de Quimperlé et Joseph Le Saux de Mellac et huit blessés dont deux grièvement.

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Ces F.F.I. de Quimperlé et des environs ont participé au combat de Berluhec.

De gauche à droite : premier rang, Jean Péron, Rémy Thérain, Eugène Yhuel, Robert Naviner, Charles Nicolas, Robert Bles ; deuxième rang, René Pothier, Jean Cotten, Joseph Even, Paul Petit, Marcel Lavallée, George Hotte, Marcel Blaise ; troisième rang, René Limantour, Théophile Le Gall, Joseph Pothier, Emile Croisé, Yves Guillou.

« Amis entends-tu » Journal de la résistance bretonne.-N° 132.

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La 19e Division d’Infanterie  sur le front de la Laïta.

Le Général De Gaulle décide la mise sur pied en Bretagne d’une division qui sera la 1ere grande unité recréée sur le sol français. Le général Borgnis-Desbordes, désigné le 18 août pour la commander, s’installe à Rennes le 8 septembre puis  à Vannes le 19 octobre 1944. 

Tout en combattant, la division se forme et s’équipe à partir des bataillons FFI mobilisés. 

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Les combattants bretons, sorti de la clandestinité de la résistance n’ont qu’un habillement militaire hétéroclite et usé. Tous les objets de première nécessité à une armée en campagne manquent: casques, capotes, chaussures, linge de rechange, couverture, savon.

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Les armes sont très diverses (fusils anglais, allemand, mitraillettes STEN, fusils mitrailleurs BREN, mitrailleuses de prises…).

De plus les F.F.I. ne disposent pas d’armes lourdes, ils n’ont pas de moyens de transport, et pas de moyens de communication…

Il faut s’abriter des tirs de l’artillerie allemande dans des abris creusés et des tranchées sommaires..

A partir du mois de décembre 1944, le 19e Dragon prenait officiellement la relève du 17e F.F.I. dissous sur le front de la Laïta.

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Commandant du secteur : Colonel Adol, P.C. à Quimperlé
Quartier du 19e Dragon : Capitaine de Boysson- P.C. à Kervehennec (3,5 km sud-est de Quimperlé)
Quartier du 2e Bataillon de marche du Finistère – Capitaine Lavat – P.C. à Quimperlé

Quartier du 1er Bataillon de marche du Finistère – Commandant Le Bourhis – P.C. à Riec

Quartier du 4e Régiment de fusiliers marins – Lieutenant de Vaisseau Le Hénaff – P.C. au Pouldu (à l’embouchure de la Laïta)

Réserves : 3e Bataillon de marche du Finistère – Commandant Kerveillant – P.C. à Scaër.

Début 1945 : 3 267 soldats bretons étaient en ligne sur le front de la Laïta.

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Une guerre de position dans la précarité et le dénuement pour les anciens F.F.I.

Sales, mal habillés, mal armés, peu formés, oubliés de tous alors que la France fête un peu partout dans la liesse sa libération, ces soldats résistent à tout : au froid de l’hiver 44-45 particulièrement dur, au sommeil lors des longues nuits de veille ponctuées de tir d’artillerie, à la faim quand les ravitaillements se font attendre, à l’ennui dans des tranchées humides et puantes, et surtout au découragement. L’hiver se passera pour certains hommes en simples effets civils et sabots de bois.

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Sur le front les combattants ont pris position, une compagnie de fusiliers marins à l’embouchure de la Laïta, les compagnies de FFI en remontant vers Quimperlé le long du fleuve.

Témoignage d’un combattant du front de Lorient : …nous sommes arrivés sur le front au mois de septembre pour certains en sabots et en bras de chemise à une saison ou les nuits ne sont pas encore trop froides, mais très rapidement le temps s’est gâté, les nuits sont devenues plus froides, l’humidité envahissait les campements, la neige a fait son apparition et les équipements promis tardaient à arriver. Nous manquions cruellement de chaussures adaptées…

Un front où la vie s’organise tant bien que mal. «Nous alternions huit jours sur le front, huit jours à la caserne»,

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Nous étions retranchés dans des gourbis creusés dans le sol avec de la paille. Des conditions de vie que venait compliquer la météo. 

L’ennemi tirait fréquemment sur les positions du Garlouët, de Saint Maurice, de Saint Germain, de Porsmoric, du Pouldu. Les Français répliquaient sans faillir, épaulés par les batteries d’artilleries américaines.

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Casemates d’artillerie allemande de Kerhope – guidel

Les blockhaus face au Pouldu font feu régulièrement sur les lignes des fusiliers marins du Pouldu; telle cette tourelle de char positionnée sur un abri et qui arrose Saint Julien le 2 janvier 1945… Les mortiers français lui répondent et la tourelle saute…

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Les anciens bunkers allemands du Pouldu furent utilisés comme abri afin de se protéger de ces bombardements.

Il faut s’abriter des  tirs de l’artillerie allemande 

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Canon de 88 mm allemand

Les fusants étaient très redoutés.

« Il y avait de deux sortes d’obus :

– obus fusants au bruit caractéristique éclatant à une certaine distance au dessus du sol coupant les branchages des arbres et libérant une multitude d’éclats métallique en fonte, causant beaucoup de dégâts, cisaillant les petits branchages des arbres et causant des blessures et la mort. 
– obus percutants éclatant en touchant le sol y creusant un cratère. »

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Abri en terre et en rondin dont on peut douter de la solidité face aux obus allemands

L’activité allemande sur le front de la Laïta resta agressive jusqu’aux derniers jours de la guerre.

L’hygiène, le ravitaillement…

Tout se passait en plein air, pas d’eau chaude, pas de douche.

Ces conditions sanitaires exécrables ont généré pour beaucoup des maladies de peau comme la gale.

« La viande, les légumes et le vin étaient fournis par l’intendance. Les pommes de terre et le cidre étaient réquisitionnés dans les fermes. Lorsque je prenais possession des denrées, je laissais au cultivateur une facture qui m’était délivrée par l’intendance. Le paysan la signait après avoir reçu l’argent liquide

Les fameuses rations K, distribuées par les Américains, pleines de sucreries, n’arrivaient pas toujours sur le front… »

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Hiver 44/45

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Les zones fortifiées du Mur de l’atlantique de  Clohars sont  déminées, non sans victimes.

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Les artificiers français Armand François Costaouet furent tués par explosion de mines au Kérrou et Émile Trecher à Kerzellec.

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Incendie du château de Saint-Maurice.

  • Le vendredi 20 avril 1945, à 8 heures 15, les Allemands tirent à la mitrailleuse et au canon sur Saint-Maurice. (Le 20 avril est le jour de l’anniversaire d’Hitler.)
  • Un feu nourri d’obus de 88 et de 105 fusants et percutants s’abat sur l’ancienne abbaye.
  • Le temps est brumeux, la visibilité est très mauvaise. Les guetteurs français craignent que l’ennemi ne prépare une attaque et ne s’apprête à débarquer. Ils alertent le PC du sous-secteur, à Quimperlé.
  • Jusqu’à 8 heures 40, les Français mitraillent la zone de Keroual-Benoual, en Guidel. Les batteries allemandes continuent de tirer.
  • A 9 heures 15, le commandant Louis Morel, chef des FFI, rend compte au P.C. de la compagnie que le feu a pris dans les combles du château. A cause des tirs incessants, il ne peut pas intervenir pour combattre l’incendie.
  • Quand le combat cesse, le château a brûlé

7 3c Château St-Maurice incendié

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1945 – La forteresse allemande de Lorient tient toujours.

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En février 1945, 90% des habitants de la poche ont été évacués.

Le front est toujours actif et meurtrier.

Le 17 février, le capitaine Martin et ses soldats de la 19e  DI du génie achèvent de construire une passerelle de 177 m de longueur sur la Laïta, au niveau de l’ancien château ducal de Carnoët, au lieudit Le Passage. Les Français prennent pied en plusieurs endroits sur la rive gauche de la Laïta.

Les 21 février, et les 9 et 13 mars, Quimperlé est bombardé par des canons allemands à longue portée. L’artillerie américaine riposte.

A la fin du mois de février, la météo s’améliore. Les tirs des obusiers américains deviennent plus précis. Ils pilonnent constamment les positions ennemies : retranchements, stocks de munition, tobrouks, blockhaus et postes d’observation.

Le 28 avril, les lignes françaises avancent de 1 km, au sud de Quimperlé.

Le moral des assiégés.

Jusqu’au bout l’état major allemand exacerbe les valeurs guerrières de ses troupes.

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Mais, depuis que les Alliés ont franchi le Rhin et pénétré en Allemagne, le moral des ennemis s’est fortement dégradé. Très peu croient encore à la victoire. La défaite allemande est « prévisible ».

Dans Lorient assiégé, les civils restants n’ont plus ni pain, ni électricité, ni chauffage. Ils sont obligés de vendre les chiens et les chats.

Les Allemands, démunis de tout, sont contraints de récolter les pommes de terre dans les champs, et de restaurer : un ancien moulin à grain, un presse à huile, etc. Le pain, la viande et les légumes sont rationnés. La viande des chevaux abattus sert « presque exclusivement à la fabrication du savon ». On laisse paître les bêtes à cornes sur le terrain d’aviation de Lann-Bihoué. Les restrictions sont considérables. Elles affectent le moral des soldats.

Au moment de la reddition : « La garnison de Lorient en était d’ailleurs arrivée à devoir se nourrir de choux pourris […] » Note le général Farmbacher.

Les déserteurs Allemands

Le 7 mars 1945, quatre Allemands traversent la Laïta à Porsmoric. Ils se rendent à l’armée française. Le 2 avril, deux Russes se livrent à Saint-Germain, et le 5 avril, cinq Polonais abandonnent leur poste, et désertent. Un peu plus tard, dix Allemands abordent à Kerbrest, mais comme ils ne trouvent personne à qui se rendre, ils remontent jusqu’au Bourg, et se constituent prisonniers.

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Interrogatoire d’un prisonnier allemand par le Lieutenant de vaisseau Le Henaff au Pouldu (Peinture de LAURENT Marcel Emmanuel (1892-1948) peintre officiel de la marine.

La fin

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Capitulation des troupes allemandes de Lorient

le 10 mai 1945.

La reddition inconditionnelle de la poche de Lorient est signée le 7 mai.

La reddition : Etel et non Doëlan.

Les Allemands savaient, dès avril 1945, que c’était perdu, ils voulaient signer à Doëlan car il existait une liaison entre Lomener et Doëlan au profit des civils, en accord avec les deux parties.

Mais les Américains n’ont pas voulu se laisser imposer le choix. Ils ont fait celui d’Etel.»

Les opérations militaires cessent le 8 mai à 00h 01.

Il est convenu que le 8 et 9 mai servent à rassembler armes et munitions.

L’entrée dans Lorient des soldats français se fait en uniforme anglo-canadien le 10 mai 1945, à 12 h.

  • 24 994 Allemands sont prisonniers, un matériel considérable et en bon état est pris.
  • Les installations vitales du port n’ont pas souffert et la base de sous-marins est intacte, ce qui permet, en quelques semaines d’efforts le redémarrage rapide des installations, parallèlement au délicat travail de déminage et de l’assainissement du champ de bataille, de la rade et des eaux côtières.

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7 4b L'entrée dans Lorient libéré

Le 4e   bataillon du 4e  régiment de fusiliers-marins, unité du Pouldu entre dans la base de sous-marins de la Kriegsmarine.

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Américains arrivant dans Lorient.

La ville est détruite.

8 2d Lorient.1945

Les pertes allemandes furent estimées à 1 000 hommes, celles des forces françaises à 242, dont 52 combattants finistériens de la 19è division d’infanterie.

 

On dénombra 18 tués sur le front de la Laïta, entre le 12 décembre 1944 et le 18 juin 1945, civils, militaires de carrière et FFI.

Le bourg de Clohars resta épargné de tout bombardement, même si quelques obus tombèrent ici ou là. En effet, un obus allemand tiré de Guidel  eut son point d’impact à moins de cinq mètres de l’alambic route de Doëlan.(Ouest France- 06/04/2016 ) Par contre des d’habitations furent endommagées sur la côte et dans les zones de la ligne de front  par les tirs allemands.

 

7 4c Stèle résistants

Une stèle commémore leur mémoire, elle est élevée sur le parking à l’entrée du pont Saint-Maurice.


 

Plus d’information dans cet ouvrage :

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https://www.liv-editions.com/livre/517-clohars-et-la-guerre-de-1939-1945.html

Casemate du Pouldu, le chantier avance…

Les services techniques de Clohars-Carnoët mènent le chantier de mise au jour de la partie arrière du bunker R625 du Pouldu.

Après le dégagement des issues par des membres de l’association les pelleteuses ont continué le dégagement du blockhaus.

Nota : le site fut comblé en 1963.

Le tobrouk, la fosse à douilles, les portes, le cheminement sont dégagés.  La paroi du côté du sol est stabilisée par un enrochement.

Le travail continue.

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A la découverte du petit patrimoine de Doëlan

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A Clohars-Carnoët, on dénombre près d’une vingtaine de fontaines, lavoirs, pierres à vache et kroug* entre le port de Doëlan et Toul-douar.

Riche de ce petit patrimoine, la commune vient d’éditer un plan de trois balades pédestres pour découvrir ces trésors, témoins de la vie d’autrefois. Ces éléments patrimoniaux sont matérialisés par 18 bornes (poteaux de bois), allant de la rive droite à la rive gauche de Doëlan.

Les agents du pôle technique ont contribué à la mise en place de ce parcours en effectuant des travaux de mise en valeur et en créant en régie la signalétique.

Le parcours ne comporte pas de difficulté majeure mais l’intégralité du parcours n’est pas accessible aux Personnes à Mobilité Réduite. Chaque boucle se visite en moins de deux heures.

Le plan est disponible à l’Office de tourisme du Pouldu et à la mairie de Clohars-Carnoët :

cliquez ici : plan_parcours_patrimoine_web

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Site de la ville de Clohars-Carnoët :

https://www.clohars-carnoet.fr/parcours-patrimoine-doelan/

Dimanche 24 juin organisation du premier nettoyage de la casemate du Pouldu.

Bonjour,

Dimanche 24 juin, à 14 H 30,

Un petit groupe de volontaires commence les travaux de nettoyage du 
blockhaus au-dessus de la cale des dériveurs aux Grands Sables.

Il s’agit, dans un premier temps, d’enlever les détritus: plastiques, 
verres, cartons et papiers qui encombrent les sols.

Si vous souhaitez vous joindre à nous prévoyez : vêtement de travail, bonnes chaussures, gants, lampe et masque anti-poussière.

Rendez-vous au parking de l’office du tourisme aux Grands Sables à 14 h 30.600_001 (1)

Collection GVM.

Histoire des écoles à Clohars-Carnoët – Inauguration du Groupe Scolaire – 1933

Les écoles publiques maternelle et élémentaire du bourg de Clohars ont désormais un nom : École Benoîte-Groult pour l’élémentaire et Tal-Coat pour la maternelle. L’inauguration s’est tenue, samedi matin,  2 juin 2018, en présence des familles des marraine et parrain des écoles, de l’inspectrice d’académie, d’élus, enseignants et surtout de beaucoup d’enfants et leurs familles.

Rappelons-nous de l’inauguration du Groupe Scolaire en 1933 dans la presse locale.

 


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groupe-scolaire

https://drive.google.com/open?id=1-ttKXuA82SmHUOP4b6w6uT2M4OQtg-XB